Micocoulier : plusieurs couleurs | christophe-henry

Micocoulier : plusieurs couleurs

Le micocoulier, arbre aux multiples nuances de couleurs

 

Le micocoulier de Provence ou du Midi (Celtis australis) est un arbre fréquent dans la région méditerranéenne, mais il est également présent plus au nord où il reste de petite taille – il est commun dans les rues de Paris ou de Lyon car il tolère bien la pollution. Son bois dur et souple est utilisé pour la fabrication de manches d’outils, cravaches et fouets, instruments de musique, roues de charrette ou encore cannes à pêche. Ses branches, très ramifiées, servent à la fabrication traditionnelle de fourches en bois à 3 ou 4 dents. Ses fruits charnus, les micocoules qui ressemblent à des minuscules cerises noires à maturité, sont comestibles en confiture au goût de pomme caramélisée, en dessert ou pour aromatiser l’eau de vie. Ses feuilles alternes sont ovales lancéolées, dentées, asymétriques à la base, et évoquent un peu à celles de l’ortie (la plante est appelée « nettle tree » ou « ortie en arbre » en anglais).

Ses feuilles et rameaux, ainsi que l’écorce et les racines, fournissent différentes nuances de couleurs selon les additifs utilisés. Les colorants présents dans cette plante sont des flavonoïdes (jaune) et des tanins (brun).

 

Les recettes de Chris. H :

A – feuilles

  1. Récolter quelques rameaux feuillus (du printemps à l’automne) et les faire sécher. Au bout de quelques jours, afin de faciliter le broyage, récupérer les feuilles et continuer le séchage (les plus gros rameaux peuvent être conservés et « épluchés » pour récupérer l’écorce – voir recette B). Une fois bien sèches, les feuilles sont très facilement broyées à la main ;
  2. Faire réduire à feu doux (60°C maximum) 1 volume de feuilles broyées dans 1,5 à 2 volumes d’eau (25 g de feuilles soit un volume d’environ 500 ml dans 1 l d’eau par exemple) ;
  3. Filtrer le jus (filtre à café) quand les feuilles ne sont plus recouvertes par l’eau ;
  4. Faire réduire à nouveau à feu doux le jus filtré, si nécessaire, jusqu’à un volume d’environ 100 ml ;
  5. Ajouter 1 cuillère à café de sel d’alun (facultatif)
  6. Ajouter ½ cuillère à café de vinaigre blanc et ½ cuillère à café de sel de cuisine (facultatif)
  7. Ajouter les additifs suivants (facultatif)
    1. 1 cuillère à café de sulfate de cuivre, ou
    2. Quelques cuillères à café de soupe de clou (jusqu’à l’obtention de la couleur désirée).

L’encre est jaune d’or à ocre sans additif, vert clair à vert tilleul avec du cuivre, vert kaki à marron avec du fer.

 

B – écorces

  1. « Eplucher » l’écorce des plus gros rameaux (utilisés pour la recette A) ou des branches coupées au moment de la taille de l’arbre. Faire sécher les écorces coupées en petits morceaux si on souhaite les conserver ;
  2. Faire bouillir quelques minutes puis réduire à feu moyen 1 volume d’écorces dans 2 volumes d’eau (50 g d’écorces soit un volume d’environ 250 ml dans 500 ml d’eau par exemple) ;
  3. Filtrer le jus (filtre à café) quand les écorces ne sont plus recouvertes par l’eau ;
  4. Faire réduire à nouveau à feu doux le jus filtré, si nécessaire, jusqu’à un volume d’environ 100 ml ;
  5. Ajouter 1 cuillère à café de sel d’alun (facultatif)
  6. Ajouter ½ cuillère à café de vinaigre blanc et ½ cuillère à café de sel de cuisine (facultatif)

L’encre varie du jaune à l’ocre brun selon la quantité et le temps de cuisson.